LANGLOIS Gilles

La colline au traitre de Gilles LANGLOIS (City, oct 24).

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le petit village d’Hauteville se remet difficilement des atrocités qu’il a vécues. A chaque coin de rue, on s’épie et on se suspecte. A u milieu de ce tumulte, le père Antoine revient après plusieurs années d’absence. Ce retour inattendu fait grand bruit. Et pour cause, le curé s’est enfui juste après le plus grand drame que le village ait connu durant la guerre : le massacre de la colline aux Biches. Un évènement sanglant où quinze villageois ont été tués en représailles du meurtre d’un officier allemand. Personne ne connaît le coupable, hormis le père Antoine, qui l’a reçu en confession.

Gilles Langlois habite la commune de Champcevinel.

LARNAUDIE Mathieu

Trash Vortex de Mathieu LARNAUDIE (Actes Sud, août 24).

Quelque chose est en train de craquer. Face à l’angoisse apocalyptique qui hante notre temps, les puissants de ce monde se préparent eux aussi à l’effondrement. Certains croient assurer leur survie en s’offrant de luxueux bunkers, d’autres capitalisent sur le désastre qu’ils ont contribué à provoquer… Avec cette satire virtuose des élites économiques, politiques et des multiples acteurs qui gravitent autour d’elles, Mathieu Lauverjat nous emporte dans une traversée vertigineuse de notre époque… Que reste-t-il à transmettre lorsque demain est incertain ?

Mathieu Larnaudie fut interne dans un lycée de Sarlat ; il vit et travaille à Paris. Membre du collectif Inculte, pensionnaire de la Villa Médicis en 2019-2020, il est notamment l’auteur chez Actes Sud des Effondrés (2020), d’Acharnement (2012) et de Notre désir est sans remède (2015) ; a publié également Blockhaus (Inculte, 2020).

LAUVERJAT Mathieu

Client mystère de Mathieu LAUVERJAT (Scribes, jan 23).

Alors qu’il pédale comme un dératé dans les rues de Lille pour livrer toujours plus de repas chauds, le narrateur de Client mystère est percuté par une voiture. Il se retrouve alors « indisponibilisé » par les algorithmes de l’application pour laquelle il travaillait. C’est alors qu’il entend parler d’un métier curieux: les « clients mystères », des particuliers mandatés par les entreprises pour jouer aux clients afin d’évaluer les performances des employés à leur insu. Client mystère dépeint avec tension et vivacité le monde du travail au temps de l’ubérisation : dictature de l’algorithme, culte de l’efficacité, déshumanisation progressive…

Mathieu Lauverjat est écrivain, éditeur et coordinateur éditorial (Le festin). Il vit et travaille à Bordeaux. Client mystère a obtenu le prix Augiéras 2024.[Présent uniquement le samedi]

LECLERE Emmanuel

Bouaké, hautes trahisons d’État d’Emmanuel LECLERE (Nouveau Monde, oct 24).

L’affaire du bombardement de Bouaké, qui a coûté la vie à neuf soldats français en Côte d’Ivoire en novembre 2004, demeure l’un des épisodes les plus troublants de l’histoire récente des relations franco-africaines. A travers son ouvrage, Emmanuel Leclère met en lumière un scandale judiciaire miné par le secret-défense et la raison d’État, où l’inaction des autorités françaises laisse planer de lourds doutes sur l’implication des hautes sphères du pouvoir.

Emmanuel Leclère est grand reporter au service police et justice de France Inter. Passé par le service étranger, il a couvert le conflit ivoirien à de nombreuses reprises en 2002 et 2012.

LEVET Nathalie

Le roman noir de Nathalie LEVET (PUF, fév 24).

Le roman noir français est généralement considéré comme un héritier du récit hardboiled américain, né dans les années 1920. Dès les années 1940, on traduit, on imite, on se prend de passion pour ce genre populaire nouveau venu d’outre-Atlantique. Pourtant, il est aussi le résultat d’une histoire française, d’influences littéraires diverses et de pratiques éditoriales qui ont fini par dessiner les contours d’un genre bien spécifique. Après Mai-1968, le roman noir français creuse sa singularité et reconverti le genre en acte critique, idéologiquement investi… Il donne voix aux invisibles du temps présent et un tombeau aux oubliés, victimes muettes du passé.

Nathalie Levet, enseignante-chercheuse à l’Université de Limoges, est spécialiste du roman noir français et des fictions criminelles. Elle est notamment l’auteure de Sherlock Holmes. De Baker Street au grand écran (Autrement, 2012).

MAILLARD Vincent

La spirale du milan royal de Vincent MAILLARD (Philippe Rey, jan 25).

Lorsque la chanteuse Joséphine Coll est engagée pour une série de concerts sur le Spirit of Ulysse, bateau de croisière en Méditerranée, elle embarque ses parents et son frère. Car il leur est inconcevable de ne pas passer le 8 juillet ensemble, date anniversaire de la mort de Baptiste, fils aîné de la famille, qui a chuté lors d’une session d’escalade dans l’Ardèche, vingt-six ans plus tôt. En vacance sur le même bateau, se trouve un couple adultérin…

Ancien grand reporter, Vincent Maillard est aujourd’hui réalisateur de documentaires et scénariste pour la télévision. Il est l’auteur de quatre romans dont L’os de Lebowski (Philippe Rey, 2021) couronné par le prix 30 Millions d’amis, et Le smoking des orques (Philippe Rey, 2023).

MAZIERES Séverine

Épigone de Séverine MAZIERES (Alter Réal, juillet 24).

Une jeune fille est retrouvé sans vie, dans la forêt, le visage dissimulé sous un tapis de feuilles. Sa mort remonte à la nuit du changement de saison, quand l’automne laisse place à l’hiver. Cette triste affaire rappelle d’autres meurtres, commis plus de vingt ans auparavant par le Tueur de l’heure d’hiver, cet assassin qui a sévi pendant plusieurs années. Simple coïncidence ou…

Séverine Mazières, habitante de Périgueux, est devenue « écrivain public biographe » en 2013 après avoir œuvré quinze ans en tant que professeur de français et de cinéma.

MENANT Pierre-Alain

Histoire du chemin de fer en Creuse de Pierre-Alain Menant (Les Ardents Éditeurs, juin 24).

Depuis le début de son aventure dans le département de la Creuse en 1856, le chemin de fer a accompagné l’essor économique et social d’un territoire rural enclavé du Limousin. Outre le transport essentiel de marchandises et le trafic de voyageurs, le chemin de fer a également façonné, par ses ponts et ses viaducs remarquables, les paysages vallonnés qui ont inspiré les photographes et artistes les plus prestigieux tels Claude Monet ou Armand Guillaumin. Le chemin de fer a vu ses gares condamnées les unes après les autres. Bien loin des années fastes du début du XXème siècle, le réseau ferré et ses ouvrages d’art continuent de fasciner les amateurs comme les passionnés qui rêvent d’un nouvel âge d’or du chemin de fer en Creuse.

Pierre-Alain Menant a grandi dans un petit village du nord Mayenne. Passionné par l’univers ferroviaire en général et par les chemins de fer secondaires en particulier, il est membre d’une association de sauvegarde du patrimoine ferroviaire.

MONNIER Françoise

Alfredo Suarez de Françoise MONNIER (Cairn, mai 25).

Trois lieux, Lesparre, Bordeaux, Arcachon. Trois générations, Madeleine, Ada, Flora. Pour Ada, à Arcachon et au Pyla, sous l’Occupation, au casino de la Plage, à la pâtisserie-salon de thé-bar à cocktails Foulon ou à l’hôtel La Guitoune ont lieu de bonnes et mauvaises rencontres. Bien plus tard, Flora, sa fille, sera confrontée jusqu’à la nausée au secret qui lie, dans le ressentiment, sa mère et sa grand-mère, autour de la personne d’Alfredo Suarez. Amant de Madeleine, juif, il échappe in extremis aux nazis à Bordeaux…

Françoise Monnier est orthophoniste. Analysante dans le Champ freudien, elle vit, travaille et écrit à Bordeaux.

MOTTET Jean

Éloge de l’engoulevent de Jean MOTTET (Éditions du Ruisseau, juillet 24).

C’est la fin d’une belle journée de printemps. La nuit tombe. Les oiseaux se sont tus. Assis, adossé à un arbre dans l’intimité d’un coin de sa forêt, le forestier entend un chant si bizarre qu’il s’élève au-dessus du cri. L’engoulevent vient simplement de nous dire: « je suis là ». Surgissant de nulle part, dans la pénombre, il s’envole, il plane, il domine l’univers. Ne m’éveillait pas ! Envahi par l’émotion, l’homme tarde à donner une réponse au spectacle donné par le volatile.

Jean Mottet est professeur émérite d’esthétique du film à l’université  de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Par ailleurs, forestier à Sarlande, dans le nord de la Dordogne, il y organise Les Journées de l’Arbre.